Conseils pour vivre au mieux le confinement

Tous les articles que j’ai pu lire et ressourcer ainsi que les échanges avec mes confrères et consœurs de France soulignent que l’épidémie et le confinement ont des répercussions psychologiques notables.

  • D’un point de vue émotionnel : éviter les débordements

Nous sommes des êtres humains pourvu d’affect, d’émotion et le coronavirus génère de la peur : peur de la pandémie, de la maladie, et de la mort. Le sentiment de peur naît lorsque nous sommes confrontés à un danger immédiat (ici le coronavirus en est un). Ce qui est tout à fait normal dans le contexte exceptionnel dans lequel nous vivons. Toutefois, il est important de savoir reconsidérer la situation et la rationaliser.

Il faut donc faire la part des choses entre fantasmes et la réalité, ne pas se laisser submerger par ses émotions.

  • D’un point de vue relation : la relation à l’autre, aux autres

Durant la période de confinement, ce qui semble être important c’est de structurer son temps et son espace et ne pas dépendre des autres. En effet, certains personnes vont devoir vivre dans leur appartement ou leur maison, et vivent en huis clos, avec des possibilités très limitées, les uns sur les autres, ou, au contraire isolé, loin de leurs proches. Préserver son périmètre physique et psychique de chacun c’est nécessaire et encore plus aujourd’hui.

Concernant les couples, le confinement peut générer  des tensions. Ca va peut-être être un moment de vérité, mais pas forcément positivement. Les conditions d’existence vont aussi rentrer en jeux. Que l’on vit dans une grande maison ou un petit appartement où il faut se supporter difficilement les uns les autres. Les violences conjugales peuvent être à craindre dans certains cas.

Pour les familles dans lesquelles il y avait déjà des problématiques, comme par exemple le manque de communication, des choses qui n’ont pas été réglées ou qui commencent seulement à se résoudre.

S’il y a déjà des problématiques, ça va les accentuer, les aggravés.

  • Pourquoi transformer le confinement en opportunité

Le confinement entraine un changement dans notre mode de vie. Il est assez difficile de cesser de faire comme d’habitude. Face au confinement, plusieurs attitudes sont possibles de mettre en place. Nous pouvons observer que certains ont envie de se rebeller, de transgresser ou bien refusent de se conformer et entre quelque sorte en compétition avec les événements. Tant dis que d’autres, au contraire acceptent d’y trouver une opportunité de décélérer le rythme, d’aller vers l’essentiel et de se donner l’occasion d’explorer de nouveaux centres d’intérêts, ce qu’ils ne font pas d’habitude faute de temps.

Quand on sent qu’il y a un moment d’ennui par exemple, il faut essayer de l’accepter. L’ennui fait partie de la vie. Il ne faut pas que s’occuper avec des passe-temps, mais vraiment élaborer sa journée de manière constructive. Sinon, cela ne peut durer dans le temps du confinement, et ça ne peut qu’alimenter l’ennui et les angoisses.

Pour le rappeler, il est normal pour tout le monde, face à une telle situation de confinement et de bouleversement des habitudes, d’avoir peur. Comme mentionné plus haut, la peur, en cas de confinement, elle risque d’être d’intensité inhabituelle car elle se compose des trois peurs les plus fortes chez l’être humain : la peur de la mort (le virus tue), la peur de l’avenir pour ses enfants et la peur économique (perdre son emploi, chômage). Et de plus, elle se prolonge dans le temps.  En conséquences, non seulement les réactions physiologiques habituelles peuvent devenir dans ce cas de figure, source de pathologies (hypertension, hyperglycémie….etc) qui, forcément, baissent l’immunité générale ce qui rends la personne plus vulnérable à covid-19. Mais également, l’intensité de la peur chez l’individu va faire apparaître un trouble anxieux généralisé  par un sentiment d’inquiétude voir d’effroi permanent, excessif, disproportionné qui peut aboutir à des troubles mentaux telles la dépression et l’anxiété chronique, voir dans l’après coup un état de stress post traumatique.

  • La peur

Vous pouvez vous poser la question où en suis-je avec ma peur ? les symptômes à repérer en cas d’anxiété chronique sont : nervosité, pessimisme, sensation d’être à bout, fatigue, difficulté de concentration ou de mémorisation, irritabilité, douleurs et tensions musculaires, maux de tête, insomnies etc…ces signaux doivent interpeller la personne.

Il est dans ce cas possible de mettre en place les gestes de barrières :

Se déconnecter des informations. . Il faut éteindre les informations 24/24, dont la répétition est délétère, car elle alimente l’angoisse, les peurs, et se limiter à aller chercher l’information une ou deux fois dans la journée.

Structurer sa journée pour la semaine et une autre pour le week-end. Garder des repères fixes

- Manger sainement

- Faire de l’exercice physique : Faire du sport, même 15-20 minutes : c’est une des meilleures façons d’éliminer toutes les toxines et le stress. Il est aussi possible de faire du yoga, de la relaxation, de la méditation.

- Maintenir des échanges avec nos proches, voisins pour s’entraider, se rassurer, échanger.

- Lire des romans est un bon moyens de s’évader et stimuler notre imagination et nos émotions positives.

- Faire appel à vos valeurs psychiques (musiques, souvenir heureux, films, photos…) pour générer des émotions positives.

 

 Les risques psychiques du confinement

La revue américaine, "The Lancet" a publié un article sur les risques psychiques du confinement constatés lors des précédentes épidémies. Les auteurs s'appuient sur 24 études scientifiques. Ils ont listés un certain nombre de "facteurs de stress" pour des personnes en situation de confinement. Par exemple les symptômes de stress-post-traumatique deviennent significativement plus élevé lorsqu’elle dure plus de 10 jours ». C’est une durée qui est actuellement dépassé dans les pays.  A ce facteur peut se développer durant le confinement peur d’être contaminé, la frustration et l’ennui, ainsi que le manque d’équipement et d’information, mais aussi la perte de revenue.

les conséquences psychologique du confinement, sachant que certains personnes sont en situation d'immigration ou d'expatriation au Japon. Dans l'article, ce qui en ressort c'est le lien social :  Le confinement semble mettre en danger le lien social, puisqu’on ne peut plus voir la famille, les amis, ni collègues et qu’on est privés de la satisfaction que peut procurer le travail.

Ensuite « tout ce qui va déstabiliser nos repères temporels, sociaux ou économiques va faire alimenter l’angoisse ».  il faut savoir que la contrainte de rester 24h/24 augmente les risques de violences. Ils expliquent que « les études réalisées en Chine montrent qu’on voit monter une colère et une angoisse qu’on va alors passer sur ceux à coté de nous ».

Il est important de mentionner que le confinement n’a pas les mêmes conséquences pour tous, selon les facteurs de protection psychique qui ont pu être acquis ou qui, hélas, font défaut. Les effets psychologiques négatifs, peuvent être des troubles émotionnels, des dépressions, du stress, des insomnies, des symptômes de stress post-traumatique, de la colère et le plus souvent, une humeur maussade et de l’irritabilité.

Les auteurs de l’article du Lancet insistent sur le fait que les effets du confinement sont durables : il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils s’interrompent avec la fin du confinement. Le retour a la normale ne sera pas toujours facile.

source : https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S0140-6736(20)30460-8

 

 

 

 

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